Exemples de cas concrets rencontrés en entretien de coaching
« Concrètement, on fait quoi en séance ? » C’est la question que me posent presque toutes les personnes qui envisagent un coaching sans en avoir jamais fait. Le mot est vague et il est difficile de se projeter.
Le plus simple est de montrer. Voici les demandes que j’entends le plus souvent en séance, telles qu’elles me sont formulées au premier rendez-vous, et pour chacune ce qu’on a travaillé et où la personne en était à la fin. Les situations décrites sont réelles. Les détails qui permettraient de reconnaître quelqu’un ont été retirés.
Comment se déroule un accompagnement
Quelques repères avant de lire les cas.
La première séance est une séance découverte de trente minutes, gratuite. Elle sert à poser la situation et à vérifier que le coaching est le bon outil. Ce n’est pas toujours le cas. Parfois la bonne réponse est un psy, un médecin ou un bilan de compétences, et je préfère le dire tout de suite.
Un accompagnement dure en général entre cinq et dix séances d’une heure, espacées de deux à trois semaines. L’espacement compte, parce que c’est entre les séances que les choses bougent.
Chaque séance vise un objectif précis, formulé par la personne et pas par moi. Je ne remonte pas dans le passé pour chercher le pourquoi. On travaille sur le comment.
Les outils que j’utilise dans ces cas
La plupart de mes séances suivent la trame du modèle GROW, qui est très utilisé en coaching professionnel. Il y a quatre étapes. Goal, l’objectif : qu’est-ce que vous voulez obtenir, et à quoi verrez-vous que c’est atteint ? Reality, la réalité : où en êtes-vous aujourd’hui, qu’avez-vous déjà essayé, qu’est-ce qui bloque ? Options : quelles sont toutes les pistes possibles, y compris celles que vous écartez d’avance ? Will, l’action : que faites-vous d’ici la prochaine séance ?
Selon la situation, j’y ajoute la PNL pour travailler sur les croyances et les ancrages, la préparation mentale (visualisation, routines, gestion de la pression) pour les situations de performance, et un travail sur la posture pour les personnes en poste de manager.
Cas n°1. « Prendre confiance en moi, arrêter de me dévaloriser »
C’est la demande la plus fréquente. Elle arrive sous des formes variées : ne plus me saboter, reconnaître ma valeur pour qu’elle soit reconnue par les autres, voir en moi une belle personne, être en confiance face au regard des autres, m’autoriser à être moi-même.
Une cadre d’une quarantaine d’années est venue me voir après avoir refusé une promotion pour la deuxième fois. Ses collègues la trouvaient compétente. Elle était persuadée qu’elle ne serait pas à la hauteur. En réunion, elle parlait seulement quand on lui demandait son avis.
On a commencé par mettre des mots sur la croyance qui pilotait tout le reste : « si je réussis, on va découvrir que je ne le mérite pas ». Ensuite on a regardé les trois piliers de l’estime de soi, l’amour de soi, l’affirmation de soi et la confiance en soi, pour voir lequel était vraiment fragile chez elle. Ce n’était pas la confiance dans ses compétences. C’était l’affirmation. Entre chaque séance, elle notait chaque soir une chose faite correctement dans la journée, sans ajouter de « mais ». On a aussi préparé une intervention à placer dans les dix premières minutes de la réunion d’équipe suivante.
Au bout de six séances, elle a candidaté au poste suivant et l’a obtenu. Sa compétence n’a pas changé. Le regard qu’elle porte dessus, oui. C’est le travail que je fais dans un accompagnement sur la confiance en soi : on ne fabrique pas de la compétence, on lève ce qui empêche de la voir.
Outils : GROW, travail sur les croyances en PNL, exercice quotidien. Six séances sur quatre mois.
Cas n°2. « Réussir un examen, prendre la parole en public »
Un candidat à un concours de la fonction publique avait été admissible deux fois et recalé deux fois à l’oral. Il connaissait son sujet. Devant le jury, il perdait ses moyens : la voix qui tremble, des trous de mémoire, des réponses trop courtes. Sa demande tenait en une phrase : réussir enfin, alors que j’échoue tout le temps.
On a d’abord regardé ce qui se passait physiquement dans les minutes précédant l’oral, et à quel moment précis le stress basculait en panique. On a mis en place un ancrage PNL, c’est-à-dire un geste discret associé à un état de calme et de concentration, qu’il pouvait refaire devant le jury. Il a visualisé l’épreuve plusieurs fois par semaine, en détail, jusqu’à ce que la scène perde de sa charge. On a fait deux oraux blancs en séance, dans des conditions proches de l’épreuve, comme je le fais dans tout coaching de préparation à un examen oral.
Il a été reçu au troisième passage. Il a décrit cet oral comme le premier où il avait pu réfléchir.
Outils : préparation mentale, ancrage PNL, visualisation, mise en situation. Cinq séances sur deux mois.
Cas n°3. « Clarifier ma situation, changer de poste ou d’entreprise »
Une responsable commerciale, vingt ans dans la même entreprise, un poste bien payé, et l’impression de vivre à côté de sa vie. Elle voulait changer sans savoir vers quoi, et elle avait peur de tout perdre. Elle ne voulait pas quitter son poste sur un coup de tête. Elle voulait d’abord faire du tri dans ses idées.
On a séparé ce qu’elle fuyait (la charge, un manager, le rythme) de ce qu’elle cherchait vraiment. Les deux listes ne se ressemblaient pas. On a identifié ses talents réels, ceux que les autres lui reconnaissent spontanément et qu’elle ne comptait pas comme des compétences. Puis on a construit trois options : rester en changeant de poste, partir vers un métier proche, partir vers un métier différent. Chaque option a été testée par une action concrète dans le mois, dont une remise à jour de son profil LinkedIn pour sonder le marché sans s’exposer. Le plus long a été de travailler la peur de l’échec, qui bloquait la décision plus que le manque d’information.
Elle a choisi l’option du milieu : même secteur, un poste de formatrice, un temps partiel négocié. Ce n’était pas la réponse spectaculaire qu’elle imaginait au départ. C’était la sienne. C’est souvent ce qui ressort d’un coaching de carrière. La bonne décision est rarement la plus radicale.
Outils : GROW avec un long passage sur les options, exploration des talents, PNL sur la peur de l’échec. Huit séances sur six mois, à distance.
Cas n°4. « Stopper ma peur de l’avion, de la foule, des animaux »
Les peurs sont un motif fréquent de consultation, et l’avion revient en tête. Une personne est venue parce qu’elle avait refusé un déplacement professionnel important plutôt que de prendre un vol de deux heures. Elle avait honte de cette peur et n’en parlait à personne.
En coaching, on ne cherche pas l’origine de la peur. On regarde comment elle se construit dans le corps et dans la tête, dans quel ordre, et à quel moment on peut intervenir. Chez elle, tout démarrait bien avant l’aéroport, dès la réservation. On a travaillé une séquence de gestion de la respiration et un ancrage à activer à chaque étape du trajet, du taxi à l’embarquement. On a désensibilisé la scène par visualisation, en séance puis chez elle, en montant progressivement.
Elle a pris l’avion trois mois plus tard. Le vol n’a pas été agréable, elle le dit elle-même. Mais elle l’a pris, et le suivant a été plus facile. La même méthode s’applique à la peur de la foule, des animaux ou des insectes. La peur change, la mécanique est la même.
Outils : PNL, respiration, désensibilisation par visualisation. Quatre séances sur trois mois.
Cas n°5. « Arrêter de fumer, me défaire d’une addiction, tenir mes engagements »
Prendre une bonne résolution et s’y tenir, prendre un engagement et le tenir, affiner ma silhouette, arrêter de fumer : toutes ces demandes ont un point commun. La personne sait ce qu’elle veut faire et n’y arrive pas seule.
Un homme est venu pour arrêter de fumer après plusieurs tentatives. Chaque fois, il tenait quelques semaines puis reprenait, en général dans un moment de stress au travail. Il se sentait faible et il culpabilisait.
On n’a pas travaillé sur la cigarette. On a travaillé sur ce que la cigarette faisait pour lui : une pause, une respiration, un moment à lui dans une journée où il n’en avait aucun. Tant que ce besoin n’était pas couvert autrement, aucun arrêt ne pouvait tenir. On a mis en place d’autres pauses, réelles, à heures fixes. On a préparé les situations à risque une par une. On a aussi travaillé la culpabilité, parce qu’elle était devenue une raison de reprendre : « j’ai déjà craqué, alors autant continuer ».
Il a arrêté au bout de la troisième séance et n’avait pas repris six mois plus tard. Pour le coaching, l’important n’est pas l’arrêt, c’est ce qu’on a mis à la place.
Outils : GROW, recadrage PNL, préparation des situations à risque. Cinq séances sur quatre mois.
Cas n°6. « Détruire une croyance limitante, ne plus culpabiliser »
Certaines personnes viennent avec une difficulté récurrente sans savoir la nommer. Elles disent : ça se reproduit dans mon travail, dans mon couple, avec mes amis, et je ne comprends pas pourquoi. Souvent, une croyance est à l’œuvre.
Une étudiante en deuxième année de licence repoussait tout à la veille, travaillait des nuits entières et rendait des copies en dessous de son niveau. Elle se trouvait nulle. Elle avait été brillante au lycée.
En regardant de près, la procrastination la protégeait de quelque chose. Tant qu’elle n’avait pas vraiment travaillé, une mauvaise note ne disait rien sur sa valeur. La croyance était : « si je fais de mon mieux et que j’échoue, c’est que je ne vaux rien ». On l’a démontée en séance puis on a mis en place une organisation simple, des créneaux de travail courts à heures fixes, avec un démarrage à l’heure et non « quand je serai prête ». On a aussi redéfini ce que réussir voulait dire pour elle, en dehors des notes.
Le semestre suivant a été validé sans rattrapage. Elle a gardé la méthode des créneaux courts.
Outils : GROW, recadrage PNL, structuration du temps. Cinq séances sur trois mois, à distance.
Cas n°7. « Faire évoluer ma relation de couple, être capable de me confier »
Une personne est venue seule, sans son conjoint, parce qu’elle n’arrivait plus à parler de ce qu’elle ressentait. Les conversations tournaient court, elle se refermait, et le couple s’usait dans le silence. Elle voulait apprendre à se confier sans avoir l’impression de se mettre en danger.
On a d’abord regardé ce qui se passait au moment précis où elle se fermait. Il y avait une peur du jugement, et derrière, l’idée que montrer une faiblesse revenait à perdre. On a travaillé cette croyance. Ensuite on a préparé, très concrètement, une conversation avec son conjoint : ce qu’elle voulait dire, dans quel ordre, ce qu’elle ferait si la discussion dérapait. Elle l’a eue entre deux séances. Ça s’est mieux passé qu’elle ne le craignait.
Le couple a ensuite fait deux séances ensemble. C’est le format habituel d’un coaching de couple : on commence parfois seul, on continue à deux quand les deux le veulent.
Outils : PNL sur la peur du jugement, préparation de la conversation, écoute. Six séances dont deux en couple, sur cinq mois.
Ce que ces cas ont en commun
La demande de départ est rarement le vrai sujet. « Réussir l’oral » cachait une panique physique. « Arrêter de fumer » cachait un besoin de pause. Le travail commence quand on trouve ce qui se joue dessous.
Je ne travaille pas sur le passé. La question n’est pas d’où ça vient, mais qu’est-ce que vous faites maintenant, et qu’est-ce que vous pourriez faire à la place.
Tout se joue entre les séances. Chaque séance se termine par une action à faire avant la suivante. C’est là que le changement s’installe.
Le nombre de séances est limité. Un coaching qui n’en finit pas n’est pas un coaching. Le but est l’autonomie de la personne, c’est-à-dire qu’elle n’ait plus besoin de moi.
Les différents types de coaching
Les cas ci-dessus relèvent de plusieurs formes de coaching qu’on confond souvent.
Le coaching de vie porte sur la personne dans sa globalité : confiance, stress, peurs, relations, habitudes. L’objectif touche la vie personnelle autant que professionnelle.
Le coaching professionnel porte sur une situation de travail : évolution, reconversion, prise de poste, posture de manager. Il est parfois financé par l’entreprise. Le coaching d’équipe en est une variante : on travaille sur le fonctionnement d’un collectif et sur la communication entre collaborateurs, en général avec un accompagnement du manager en parallèle.
La préparation mentale vise une performance datée : examen, concours, compétition sportive, prise de parole. Elle est courte et s’appuie beaucoup sur les outils de visualisation et de routine.
Dans la pratique, les frontières sont poreuses. Une reconversion réveille des questions de confiance. Un manager en difficulté a souvent un sujet de stress personnel. Ce qui compte est l’objectif de départ, pas l’étiquette.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il ? Entre quatre et dix selon l’objectif. Une préparation à un examen se fait souvent en quatre ou cinq séances. Une reconversion ou un travail sur la confiance demande plutôt six à huit.
Le coaching à distance marche-t-il aussi bien ? Oui. Deux des cas ci-dessus ont été menés en visioconférence. Les outils sont les mêmes. Seule la logistique change.
Quelle différence avec un psy ? Un psychologue ou un psychothérapeute travaille sur la compréhension et la réparation, souvent en remontant dans l’histoire de la personne. Le coach travaille sur un objectif concret, tourné vers l’avenir, en un nombre de séances défini. Les deux peuvent être complémentaires. Quand une souffrance psychique est en jeu, le coaching n’est pas le bon outil, et je le dis dès la séance découverte.
Le modèle GROW, c’est quoi exactement ? Une trame de séance en quatre étapes : objectif, réalité, options, action. Elle sert à ce que l’échange débouche sur quelque chose de concret plutôt que sur une discussion agréable mais sans suite.
Et si ça ne marche pas ? Ça arrive, quand la demande n’est pas la bonne ou quand la personne n’est pas prête à agir entre les séances. C’est ce que la séance découverte permet de vérifier avant de s’engager.
Vous vous reconnaissez dans l’un de ces cas ?
Accepter que je peux changer. Admettre qu’il n’est jamais trop tard. Ce sont deux phrases que j’entends souvent en fin d’accompagnement, et c’est là qu’on veut arriver.
À vous de vous mettre au défi. À vous de me mettre au défi. Ensemble, nous réussirons.